...Et après ?

Alors que l’on évoque la sortie de ce confinement dont la forme peut questionner à plusieurs égards, se profile déjà "des possibles" dont l'un, on pouvait s’y attendre, est brandit illico presto (pour combien de temps encore ?) par l’apex étatique comme seul étendard d'un modèle économique qui masque sa figure de proue à la bouche toujours plus dévorante, et gueule dans nos oreilles qu’il va falloir lui mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard et faire ainsi repartir de plus bel le bouzin, sous les auspices d’un État de droit qui vacille très dangereusement, perd son étoile polaire. 

 

Il y a fort à craindre que la situation aille de mal en pis. Une ère se termine pour une nouvelle dont le basculement de l’une vers l’autre n’aura peut-être que de maigres chances de se faire dans la douceur. Plus vraisemblablement une déroute qui risquerait d’engendrer des mesures encore plus autoritaires et liberticides par une gouvernance qui saura les rendre « légitimes ». Une population sous un contrôle qui pourrait devenir permanent et plus intrusif qu’il ne l’est déjà, car le système mondial en place ne voudra pas lâcher la corde, bien au contraire ! alors qu’elle est pourtant prête à rompre…

 

…À l'autre bout, un nombre exponentiel d'humains pour lesquels ce modèle ne fait plus recette, n’est plus à rêver compte tenu des dégâts humains, sociaux et écologiques irréversibles qu'il entraine dans son délirium continuel ravageur et criminel. C'est un rêve qui, si nous nous y attachons quoi qu'il en coûte, pourrait bien virer au cauchemar ! s'il n'en a pas déjà l’esquisse.  

 

Le plus gros chèque en blanc de l’histoire de l’Humanité balancé à la figure d’une Mère Nature qui n’a pas de prix ! 

 

Serions-nous définitivement trop aveugle pour ne pas voir le revers de la médaille ? Un revers qui est le trou noir d’une gouvernance mondiale ultra capitaliste devenue folle ! 

 

Profitons au maximum de cet espace-temps coroné pour se questionner sur ce qui nous est absolument essentiel dans nos vies avant d'imaginer la suite, car celle-ci est d’un enjeu colossal et inévitable. Des épidémies il y en a eu de tout temps et des tellement plus meurtrières ! il en viendra d'autres et vraisemblablement qui seront plus en plus fréquentes. On constate cet « emballement » viral depuis le début de ce siècle en miroir avec des déplacements humains de toutes natures devenus norme et de façon, la encore, exponentielle. Mais la Nature ne fait que s’adapter comme elle l’a toujours fait depuis son 1er jour et doit trouver sa place là où elle peut, puisqu’on la lui réduit sans cesse, jusqu’à se faufiler dans les interstices qu’on lui « laisse » à notre insu, car c’est elle qui toujours décidera de sa route quoi qu’il arrive, c'est bien ce que nous montrent corona et ses « confrères » d'avant ! 

Cependant, si on ne prend pas maintenant suffisamment la mesure et les responsabilités de nos choix et décisions sur notre Demain en commun avec la Nature, nous pourrions atteindre désormais très rapidement le point de non-retour…   

 

…Criminel écrivais-je plus haut, puisque l'on n'a de cesse, pour nourrir et bâtir à tout-va nos sociétés, de casser, raser, étouffer, bétonner, souiller, polluer, détruire la Terre et son Ciel, et tuer bien plus que nécessaire le Vivant et toutes ses composentes ! nous y compris, plus indirectement. Rien que les animaux abattus pour notre nourriture les chiffres sont effarants ! alors corona peut bien aller se rhabiller face à ce qu’il faut bien nommer un massacre, dont la part gaspillée est tout aussi insoutenable, les deux n’étant qu’une facette de ce que l’on nomme Écocide, orchestré par des humains usant d’une prédation sans limite(s). 

 

Et les 8,8 millions de morts par an dûs au particules fines (que nous avons « inventées »), ça n’effraye personne… Les exemples ne manquent pas. 

 

« Celui qui cueille une fleur dérange une étoile » (Francis. Thomson). 

 

Cette très belle citation, que j’affectionne, résume à elle seule parfaitement notre problématique d’humains, qui est d’avoir modifié considérablement et rapidement un équilibre fondamental, ce qui met en grave danger la viabilité sur la Terre et avant tout pour nous-mêmes ! 

 

Comment évaluer pleinement les conséquences de nos agissements déjà bien visible sur la physionomie de celle-ci, l’état de son Eau Essentielle, sa biodiversité et son climat ? donc sur nous, toujours ! et "notre" climat, que nous avons à l’évidence « façonné » car sans nous il serait d’une autre nature pour une Nature autre.  

 

À quand une « DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DU VIVANT ET DE LA TERRE » appliquée mondialement ? 

 

Un Vivant dont nous sommes particules absolument indissociable du reste de cette chaine fabuleusement unique ! Humain-maillon qui ferait bien de redescendre de son piédestal pour reprendre humblement sa juste place, les pieds au contact d'une Terre oubliée, tant que son petit temps de Vie à l'échelle du TOUT le lui permet encore. 

 

Notre Heure tourne, ne nous détournons pas ! 

 

Pendant ce temps il y a également la place que tiennent les femmes qui sont souvent majoritaires en première ligne, exposées au manque de considérations et respects, bien qu'elles soient au travers de leur métier souvent en lien avec les soins et services divers qu'elles apportent aux autres et bien évidemment d’abord au sein même de leurs familles.  Paradoxe, et ce n’est pas un hasard, en résonance avec la place que nous réservons à la Nature qui, comme les femmes donnent et nourrissent la Vie, est durement exposée alors qu'elle nous offre tout ce qui nous est essentiel et vital et dont nous ne prenons que si peu soin et conscience de la valeur non marchande ! 

 

Cette « Matière Première » au sens originel du terme - comme lorsque l’on évoque les peuples premiers, et non pas au sens bassement matériel de la façon dont nous surexploitons toutes ses réserves - devra enfin être respectée à sa juste valeur qui est fondamentale et si elle a encore dans certaines zones du globe une capacité d’abondance, elle est tout autant fragile et épuisable, non linéaire, limitée, ce qui en fait précisément son UNICITÉ.

 

Là où le « comptable » n’a plus aucun crédit ni crédo… 

 

Notre prochaine devise : « UNICITÉ » ! l'unique terme « UNICITÉ » ne suffirait-il pas tellement il est plein ?

 

Et j’ajouterais que manquer de respect pour la Nature c'est faire affront à la Femme, et inversement. La domination (majoritairement) masculine sur ce qui donne la Vie devra bien s'éteindre. Pas de hasard si tout ce qui a été révélé à l’échelle de la planète ces derniers temps concernant les dérives et harcèlements sexuels dont la maltraitance des enfants ont pris une telle envergure, comme si tout arrivait à saturation en même temps ! 

 

C’est bien de cela qu’il s’agit. Nous arrivons à la fin de cette ère, c’est pour moi une évidence. Il n’y aura pas de retour possible à ce « comme avant ».

 

Voilà mon avis ici et maintenant. Ce qui nous arrive est important pour l'Après et n'est pas à prendre à la légère, mais aussi et surtout il faut accueillir ce temps qui nous est imparti, c’est indispensable car il est tel une loupe qui permet d'aller voir à l'intérieur de nous-même ! 

 

Alors gardons la foi pour ne pas céder à nos peurs et autre stratégie du choc, nous avons en nous des champs si vastes et (encore) méconnus de Possibles et d'Énergies réparatrices ! Car c'est bien d'abord de nous qu'il s'agit de soigner puisque nous sommes cette Nature malade de nos agissements.

 

C'est ce que nous faisons en priorité en soignant nos malades coronés et tous les autres, mais n’oublions pas que nous avons également à desserrer nos vices, (ré)apprendre à conduire notre corps, seul véhicule sur cette Terre unique, avant de (re)prendre la route la plus raisonnable en roues LIBRES.

 

Dan Trutet - le 15 avril 2020