Parenthèse coronée

  Une humble réflexion expirée le 16 mars 2020,

au lendemain de mes 59 ans, à l'aube de ma 60ème année...

Ce virus engendre une situation particulièrement unique à nos générations, notamment parce que nous vivons dans un pays libre et n'avons pas connu les terribles guerres du XXème siècle que nos aïeux ont dû subir. Alors ce gigantesque ralenti mondial et brutal que nous traversons en ce  nouveau  siècle  ne  devrait-il  pas  nous  interpeler ?

Pour ma part je le perçois comme un arrêt sur image d’un film dont le clap de Fin fait grandement débat ! Une profonde respiration, aussi brève sera-t-elle, que l'on peut souhaiter salutaire pour l’Humanité et la Terre tant abimée, malmenée. Une Nature agonisante dont nous avons oublié le rôle absolument indispensable à la Vie, épuisée par les « hors-sols » que nous sommes devenus si rapidement, mais une Nature dont la force est telle qu’avec ou sans nous elle s’en remettra, d'ailleurs en seulement quelques semaines les prémices de sa résilience ne sont-ils pas déjà visibles ? Quelle leçon !

 

Mais pour nous, là, qu'en est-il et qu'en sera-t-il de notre résilience ? Sacré enjeu ! ou l'inverse...

Pour l'heure une suspension, un répit, aussi déstabilisant soit-il, que l'on essaye d'accueillir le plus sereinement possible afin de repousser nos peurs, nos angoisses et nos paniques bien légitimes mais qui risqueraient d'affaiblir notre immunité censée nous protéger du petit envahisseur. Ce confinement est une sorte d'immunité collective, un engagement. Il y va de notre responsabilité de tou-te-s et pour tou-te-s !

 

« Corona » en s'attaquant au système respiratoire envoie un symbole fort qui, s’il nous contraint à l’isolement, nous  « invite » sérieusement à (re)prendre une profonde inspiration pour une expiration des plus salvatrice. Cette grande respiration accouchera-t-elle d’un Monde nouveau ?

 

Trop tôt pour se prononcer et en connaître la nature, cependant on peut aisément penser que cet espace entre l’Avant et l’Après laissera à jamais une nouvelle empreinte dans le livre de l’Humanité, car de telles traces sont indélébiles. Mais la grande difficulté reste de savoir comment accueillir cette énorme et effrayante « Parenthèse », nos cerveaux ne sont absolument pas « éduqués » à une situation aussi excessive et tellement vertigineuse !

 

Pour autant, jamais pareille occasion ne nous a été « confié » de pourvoir (re)penser et agir aussi collectivement et surtout horizontalement, sans attendre que ces énergies ruissellent de l'apex des États, imaginer et développer des solidarités nouvelles, locales, à l'échelle du globe, tout en étant séparés les uns des autres, immense paradoxe !

À méditer...

...Et puis... ?   Respirer pour eux, ils sont moi, je suis eux

Dan Trutet - le 16 mars 2020

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